Macron « l’illégitime » ?


Un peu de réalisme en cette période de déification ne fera de mal à personne !

Dimanche dernier, les français ont élu Macron avec le score de 66,10% des suffrages exprimés… Sur le papier, cela pourrait ressembler à une victoire. Mais pour ceux qui ont l’honnêteté de regarder les chiffres plus en détail, cette élection par défaut ressemble plus à un échec !
Déjà, l’abstention a encore battu un record. Ensuite, les votes blancs et nuls ont aussi explosé, tant les français qui n’ont pu se résoudre à choisir entre l’extrême droite et une forme d’extrême centre étaient nombreux ! Tout ce petit monde représente quand même plus de 16 millions de français, soit 34% du corps électoral !
Ensuite, ce qui est intéressant, c’est de mesurer la marge de progression de Macron entre le premier et le deuxième tour. Entre ce que les adeptes de la vieille politique appellent encore les reports naturels, et le chantage au front républicain que les élus et les medias ont imposé dans un matraquage incessant et indécent pendant l’entre-deux tours, Macron a vu quelques 12 millions de français s’ajouter à son socle de 8 millions du premier tour.
Qui dit front républicain, ne dit pas adhésion au programme de Macron! L’actualité a d’ailleurs parfaitement démontré que les français n’ont pas voté pour Macron, mais contre Le Pen ! Comme cela avait été le cas pour Chirac.
Mais soyons fair-play et accordons à Macron une certaine capacité à convaincre avant le deuxième tour et à recueillir l’adhésion sur sa vision pour la France… Très généreusement, considérons donc qu’un tiers de la progression est constituée de nouveau adeptes convaincus d’En Marche et de Macron… Ce qui représente quand même plus de 4 millions de français! Pas mal, belle progression de 50%, ce n’est pas donné à tout le monde! Ajoutés à son socle électoral du premier tour, nous obtenons un peu plus de 12,6 millions de français qui ont par pure conviction choisi Macron, soit… 27% du corps électoral !
En résumé, le vainqueur de l’élection est le « non-choix », avec 34% des inscrits, Macron est Le Poulidor du scrutin avec 27% des inscrits qui adhèrent aux sirènes du renouvellement, Le Pen suit avec 22% des inscrits, et pour fermer la marche, 17% d’inscrits, victimes de l’éculé et inefficace front républicain, ont juste choisi de « voter contre ».

La question de la légitimité est donc posée !

En l’état, avec seulement 27% de français réellement derrière lui, toute possibilité du moindre décret est naturellement exclue, au risque de mettre le feu à la rue ! C’est donc uniquement par les parlementaires que le programme de Macron devra être transcrit ! Et là aussi, malgré la drague très médiatique et un peu lourde à droite et à gauche, les transfuges qui restent tout de même très marginaux et le recyclage de quelques têtes d’affiche incontournables du hollandisme, il est peu probable, voir impossible, que Macron dispose d’une majorité propre en juin prochain ! En toute logique, il devrait obtenir, là aussi, environ 30% des sièges ! Macron devra donc composer avec les nombreux autres, et se vautrer joyeusement dans les accords d’appareils qu’il a toujours dénoncé et refusé! Ironique que celui qui a toujours voulu se défaire de l’image d’héritier de Hollande, en soit contraint d’entrée de jeu à reproduire les mêmes tactiques au service de ce qu’il faut bien appeler la continuité ! Et le phénomène sera d’autant plus important, qu’en plus des appareils traditionnels, fleurissent déjà de nouveaux « mouvements » qui surfent sur la même vague qu’En Marche, mais qui entendent imprimer et imposer leurs différences !

Mais comment en est on arrivé là ?
Il faut reconnaître à Macron, qu’il a su maîtriser à la perfection le timing, le marketing et la communication ! À en faire pâlir les industriels de l’agroalimentaire ! Sauf que là, il ne s’agissait pas de vendre des boîtes de ravioli, des couches ou des tampons, mais de choisir qui était en mesure de sortir la France de l’ornière ! Les français étant des consommateurs influençables et décidément bien dociles, ils ont préféré croire en la promesse du « renouvèlement par la jeunesse », comme ils avaient cru précédemment au « réenchantement du rêve », et encore avant au « travailler plus pour gagner plus » et aussi aux tristement célèbres « fracture sociale », « force tranquille »… Les élections présidentielles françaises sont une suite de slogans vides de sens qui font acheter un type comme on achèterait le dernier téléphone à la mode… Sauf que là, le téléphone, on ne sait pas qui le fabrique, et on découvre toujours trop vite, et trop tard, qu’il n’y a pas de service après vente, mais qu’on va devoir faire pendant 5 ans avec une daube qui ne marche pas ! Si on ajoute à cette tare culturelle française dont n’importe quel aspirant politique en herbe serait crétin de ne pas profiter, l’éjection étonnement très opportune de Fillon, seul obstacle, qui a ouvert une autoroute au prodige désigné, magnifié et porté par une propagande médiatique outrancière ! Voilà la recette de l’élection de Macron, par 27% des français qui l’ont cru !
Capricieux, le français n’aime pas qu’on lui démontre qu’il a voté, encore, comme un âne! Et surtout, imbu et fier, jamais il ne l’admettra!
Mais quelles conséquences ?
L’élection de Macron enterre définitivement le bipartisme sous sa forme passée. Elle ouvre la voie à une multitudes de mouvements, tous plus citoyens ou républicains les uns que les autres, qui vont au final diluer encore plus les idées maîtresses pour institutionnaliser l’immobilisme ! Pour le plus grand profit des « élites » !
Dans le trou aussi les primaires ! Les français ont découvert, à droite comme à gauche, que ce processus réputé prolonger la démocratie, était bafoué sans vergogne par les apparatchiks des appareils, par opportunisme ou revanche ! 
Les dernières heures du front républicain ! Pour son 15ème anniversaire, l’adolescent front républicain a montré qu’il était un vieillard moribond! Le chantage ne prend plus et les français refusent de choisir… Il serait tellement plus simple de s’attaquer à ce qui fait le fond de commerce de l’extrême droite, à savoir la détresse sociale, mais la vieille garde, et la nouvelle fraîchement élue, préfèrent prendre les électeurs pour des moutons! Combien de temps avant l’irréparable ?
La fin des convictions et la mort de ce que la politique devrait avoir de grand ! Désabusés ou amusés, les français voient tout ce que la classe politique compte de ténors livrer le spectacle le plus affligeant qui soit ! Tout y passe… Racolage, reniement, trahison, coups bas, menace, vengeance… Pas sure que les français aient quoi que ce soit à gagner dans cette indigne tambouille de la petite cantine des trop nombreux nantis de la république !
Et après ?
Rien ! Comment un type qui n’est réellement soutenu que par à peine plus d’un quart des électeurs inscrits et qui n’aura, au regard du contexte général, pas de majorité réelle durable, pourrait faire quoi que ce soit ? Les français vont se lasser aussi vite qu’ils se sont pris de passion pour le jeune prodige… Et ils vont juste finir par compter les jours en attendant la prochaine fois !
Espérons que cette fois là, ils auront le choix… Ou plus exactement que cette fois là, « on » leur laissera le choix !

Le PS persiste et signe !

Ridiculisé par l’affaire des écoutes de Sarkozy, on aurait pu penser que le PS lève le pied dans sa sinistre campagne de manipulation électoraliste… Mais non! Il s’entête dans sa traque acharnée. Il s’enfonce même un peu plus chaque jour, à coup de petites phrases assassines, qui ne font que démontrer la curée politico-médiatique organisée depuis Solferino, ses officines et l’Élysée. Jamais, dans l’histoire de la cinquième république, l’exécutif n’aura à ce point décrédibilisé, l’action politique et l’appareil d’État!

Et pourquoi?

Parce que Hollande a été élu sur un concours de circonstances! La défection de DSK, qui nous a tout de même évité que l’Elysée devienne un lupanar, a propulsé ce pitre à une fonction pour laquelle il n’était pas préparé, et pour laquelle il n’a pas les épaules.

Parce que Hollande personnifie l’imposture! Sans programme et sans vision, les promesses farfelues du candidat Hollande sont déjà toutes abandonnées ou reportées… après 2017!

Parce que Hollande est un négationniste! En permanence hors de la réalité, il a nié la crise gérée avec succès par Sarkozy comme le souligne le rapport de la CDC présidée par un… socialiste. Confirmant au passage, au mieux sa mauvaise foi, au pire son amateurisme.

Parce que Hollande a été le candidat de la haine! Ses équipes, conscientes de son inconsistance patentée, n’ont eu d’autre choix que l’axe unique de la détestation de Sarkozy! Et c’est toujours la seule constance de Normal 1er.

Parce que Hollande n’a pas de majorité! Les alliés improbables qui ont contribué à son élection, ont tous affiché, au lendemain du second tour, leurs différences, leurs volontés d’imposer des choix par le chantage.

Parce que Hollande est aveugle! Le monde entier lui montre la direction, le FMI, la BCE, l’UE, la CDC, la BdF, les agences de notation, l’Allemagne, Le Royaume Uni, les Etats-Unis… Mais comme on dit «Quand le sage montre la lune, le sot regarde le doigt».

Parce que Hollande est passéiste! Ses seules références sont Mitterrand et Jospin, dont il s’emploie à reproduire soigneusement toutes les erreurs et tous les échecs, au nom d’un dogme socialiste éculé.

Parce que Hollande est sourd! Il refuse d’entendre le peuple qui par millions manifeste, désapprouve et souffre de sa politique décousue et insensée.

Parce que Hollande s’est entouré d’une équipe à son image! A commencer par le provincial endimanché qu’il a choisi comme Premier ministre, qui brille par son manque de poigne et de charisme. Suit un aréopage d’égos surdimensionnés, dont l’incompétence avérée n’a d’égal que leur opportunisme très intéressé.

Parce que Hollande est un diviseur! Sa vision communautariste de la mémoire, alors qu’il faudrait qu’elle soit universaliste, conduit à l’explosion de l’antisémitisme, du racisme et du clivage profond de la société.

Parce que Hollande est un opportuniste! Ce trait de sa personnalité caractérise l’ensemble de son parcours politique. Peu importe la France et les français, son action n’est tournée que vers sa personne.

Parce que Hollande est machiavélique! A l’instar de son mentor Mitterrand, dont il n’est qu’une pale contrefaçon, il donne de la visibilité au FN pour affaiblir la droite républicaine.

Parce que Hollande haït les valeurs historiques et culturelles qui ont façonné la France! Il s’emploie à déconstruire la famille, projette de remplacer l’éducation par le conditionnement idéologique, renie l’héritage catholique de notre civilisation et satisfait les revendications antirépublicaines de communautés religieuses minoritaires.

Parce que Hollande exècre la réussite! Il ne cesse de mettre des bâtons dans les roues à toute forme d’entrepreneuriat. Ainsi, il a mis à mort le régime de l’auto entreprise, il stoppe net le développement du marché des VTC, il taxe les entreprises comme jamais elles ne l’ont été.

Parce que Hollande ne sait pas compter! Il tente de faire baisser le chômage, en finançant de faux emplois précaires, sur un déficit qu’il explose littéralement, pensant qu’il est sans limite.

Parce que Hollande est socialiste! Il a placé tous ses fidèles laquais, ses proches, ses amis, leurs enfants, ses alliées et ses ex au terme d’une incroyable chasse aux sorcières, comme jamais le France n’en a connu. Et quand les postes n’existaient pas, il les a créé, comme pour Jospin.

Parce que Hollande est un panier percé! Il est incapable de faire les économies nécessaires et cède à tous les caprices des fonctionnaires et de leurs syndicats. La distribution électoraliste bat son plein.

Parce que Hollande est mou! Il est incapable de trancher dans le vif et cultive une position ultra consensuelle mortifère, pour ne fâcher personne, qui consacre l’immobilisme.

La liste pourrait continuer à l’infini, tant l’homme qui fait actuellement fonction de Président en France a de qualités! Et puis mon propos n’est pas de vous miner un peu plus le moral. La gauche s’en charge très bien, quotidiennement, et avec une telle constance!

Simplement, on comprend mieux, au regard de ce qui sonne déjà comme un bilan, la motivation de la chasse à l’homme que les «forces de progrès» pratiquent sans aucune retenue. Ils doivent à tout prix masquer l’échec total de 20 mois de présidence Hollande. Allumer des contrefeux pour que l’on cesse de parler du chômage qui chaque mois bat le record historique du mois précédent. Faire diversion pour faire oublier un temps la pression fiscale insupportable qui pèse sur les français. Entretenir le brouillard pour cacher la vertigineuse explosion de la délinquance, conséquence directe d’une réponse judiciaire angélique.

Et parce que Hollande sait quand même faire preuve d’une certaine forme de réalisme. Il sait que si l’élection présidentielle avait lieu aujourd’hui, comme un autre illustre socialiste dont on avait pu juger l’action, il ne serait pas présent au second tour!

Toute cette clique malfaisante est donc prête à tout pour éviter la sanction qui lui pend au nez lors des élections municipales et européennes à venir. Alors, tout ce que la gauche connait de serviles soldats, ressort sa recette haineuse. L’anti-sarkozysme est poussé à son paroxysme. Des vieilles affaires sont agitées, même celles qui ont déjà été jugées et qui ont blanchi Sarkozy. De nouvelles affaires sont inventées à un rythme effréné qui ne semble plus choquer personne. La cible s’élargit aux cadres de l’UMP et à tous ceux qui représentent un risque. Le pot-au-feu de la manipulation est alimenté en permanence… Accusations, sous-entendus, amalgames alambiqués, calomnies sont bruyamment relayés et attisés par une presse quasi aux ordres! Et peu importe, si pour arriver à leurs fins, ils doivent s’asseoir ouvertement sur ce qu’il reste d’indépendance à une justice déjà bien politisée. Tant pis! La République exemplaire de «Moi Président…» ne verra jamais le jour. L’heure est à sauver les meubles coûte que coûte.

Sauf que les français ne sont plus dupes. S’il devait y avoir une once de vérité dans tout cela, peut-être qu’elle aurait fini par éclater depuis longtemps. Non!?

Après des années d’enquêtes… Rien! Près d’un ans d’écoutes téléphoniques… Rien! C’est à se demander si les enquêteurs, les juges et toute la machine judiciaire n’est pas peuplée que de sombres crétins incompétents! Cahuzac est tombé en quelques mois, comme un fruit mur, dès le début des investigations. Mais là, avec tout ce temps, toute l’énergie, et tous les moyens déployés par des troupes fanatisées et plus que motivées… Rien! Sarkozy est toujours debout!

Qu’importe le ridicule qui en découle pour la classe politique toute entière. Le PS persiste et signe. Il faut sauver le soldat Hollande et l’illusion qu’il marquera l’histoire. L’histoire, elle, ne retiendra que son casque!

Les français sont las de ce cirque pitoyable, de ce spectacle délirant. Même ceux qui avaient été dressé à haïr Sarkozy en 2012 sont dépités, dégoûtés. La France est la victime de l’archaïsme du socialisme et de ses méthodes d’un autre âge. Les français en ont marre d’être la risée de la terre entière. Ils sont définitivement vaccinés du rêve enchanteur, des lendemains meilleurs et des promesses de changement. L’important pour eux, maintenant, est de tenir bon jusqu’en 2017 pour virer à jamais ces idéologues sectaires qui les ridiculisent, qui les affament et qui ruinent leur pays.

Dans l’intervalle, tous ces français abusés, trompés, manipulés… Vont, dès les prochains scrutins, montrer que ce sont eux, et eux seuls, qui détiennent le pouvoir de faire ou de défaire le «Roi» Hollande. Son Trône va vaciller. Qu’il en tombe! Que sa chute le réveille… Et qu’il entende que les français ne veulent pas d’un inutile remaniement ministériel qui ne donnera toujours pas de majorité pour agir. Les français veulent une dissolution! Il veulent un gouvernement fort qui s’occupera du chômage, du pouvoir d’achat, de la croissance, de la sécurité… Il veulent que Hollande soit un Président pot de fleur jusqu’en 2017! Les français n’attendent plus rien d’autre de lui!

Quelle majorité pour Hollande ?

Le soutien affirmé et indéfectible de Duflot aux manifestants de Nantes contre le projet de nouvel aéroport est le nouveau couac au sein de la majorité, qui n’en devient qu’un peu plus virtuelle.

Revenons un peu sur l’histoire de cette majorité.

Sa construction a débuté lors de la campagne présidentielle de 2012, ou la stratégie du PS était avant tout basée sur l’anti-sarkozysme à défaut de réel programme, ainsi que sur la négation de la situation de crise. D’où l’union improbable de formations si éloignées politiquement les unes des autres. Jamais un parti n’aura usé d’un racolage électoraliste aussi large! De la gauche la plus extrême, en passant par les communistes, les verts jusqu’à une partie du centre. On peut même y ajouter une partie du FN, puisque l’incapacité de LePen à faire un choix pour le second tour, à bien fait les affaires du PS, et a conduit par le jeu de l’abstention à l’élection de Hollande sur le fil du rasoir par 39% du corps électoral. S’en suivent les élections législatives, copieusement dosées de stratégie électoraliste du PS via des concessions à ses alliés leur permettant artificiellement d’atteindre les fameux quotas pour créer des groupes parlementaires. Le PS, dans sa frénétique volonté de tancer hargneusement l’UMP, surfant toujours plus sur l’anti-sarkozysme que sur la récente victoire de Hollande, s’est tellement perdu en compromissions électorales que la majorité absolue qui lui tenait tant à cœur lui échappe!

Dès lors, le gouvernement fraîchement nommé est le reflet de toutes ces alliances contre nature et des incohérences qui en découlent. Mélenchon, pourtant fidèle valet du PS lors des deux scrutins, a très tôt exclu de participer au gouvernement et se pose déjà comme un arbitre incontournable qui entend dicter une vraie politique de gauche à un Président qu’il juge trop timoré depuis toujours. EELV, dont les ténors semblent plus attachés au carriérisme que ceux du FdG, entre au gouvernement dans une proportion démesurée par rapport à sa représentativité électorale réelle. Ce qui n’empêche pas EELV de rappeler à qui veut l’entendre tous ses désaccords avec le Président fraîchement soutenu et élu. Valls et Montebourg, incontournables poids lourds de la primaire socialiste qui n’ont pas été tendres avec celui qui sera finalement leur leader, trustent des places à forte visibilité médiatique! Et puis aussi toutes les tendances qui composent un PS aux sensibilités plus que jamais diverses vont entrer dans la danse, en plus d’éléphants du parti et des contreparties internes d’usage.

Soucieux de nommer un Premier Ministre qui ne lui fasse pas d’ombre, Hollande choisit Ayrault! En timide provincial endimanché, le pauvre homme ne réussira jamais à tenir ses ministres tous plus franc-tireurs les uns que les autres dans un bal des égos sans commune mesure. Entre mises au points, recadrages, couacs à répétition, celui qui devait assurer la cohésion apparaît très vite comme un homme sans poigne de plus en plus isolé et méprisé. La confiance réaffirmée à maintes reprises du Président, et Batho qui sera virée pour l’exemple, n’y changeront rien. Même au Sénat, qui a basculé à gauche, c’est la rébellion. Les communistes se sont plusieurs fois alliés à l’UMP pour faire échec au PS et au gouvernement.

Aujourd’hui, 21 mois après son élection, Hollande bat tous les records d’impopularité. Adieu la promesse d’inversion de la courbe du chômage! Adieu la promesse de ramener le déficit à 3% du PIB!  La pression fiscale est à son comble! Les agences de notation abaissent la note de la France! Le FMI, la BCE, la CDC et l’UE ne cessent d’exhorter Hollande de s’attaquer aux vrais problèmes et de mettre en œuvre une ligne politique plus en phase avec la réalité! Entre stigmatisation, sectarisme, communautarisme exacerbé et réformes idéologiques imposées aux forceps, les français n’auront jamais été autant divisés!

Plus que jamais dans l’histoire de la cinquième République, une majorité gouvernementale n’aura eu de majorité que le nom!

Et c’est bien parce que Hollande s’appuie sur une majorité virtuelle qu’aucun sujet de fond ne peut être traité. Les vraies priorités n’ont droit qu’à des déclarations d’intention de circonstance qui ne valent guère mieux que les promesses électorales déjà bien vite enterrées. C’est donc une valse bruyante de contre feux qui occupe le gouvernement à coups de symboles en agitant les thèmes de l’égalité, de la parité, de la transparence, de la solidarité, de la République… Tout est bon pour créer un émoi larmoyant de diversion.  Alimentant un peu plus chaque jour l’incompréhension, la division et le mécontentement. Au sein du gouvernement, c’est maintenant  l’autorité du Président qui est de plus en plus souvent mise en cause, et sa politique clairement attaquée. Les faux amis d’hier prennent ouvertement leurs distances comme pour mieux regarder le bateau France partir à la dérive, oubliant bien vite leur coresponsabilité de fait!

Alors, à l’approche des municipales, l’état PS tente coûte que coûte de calmer le jeu avec ses amis de plus en plus indisciplinés, pour minimiser les dégâts d’un scrutin qui s’annonce très difficile. A tel point que beaucoup de socialistes en sont à espérer un FN fort pour limiter la casse… Un comble pour ceux qui se posent en rempart face à la montée de l’extrême droite! Non?!

Mais toute cette harmonie de façade, tenue à bout de bras par un PS désuni, est mise à mal par la perspective des élections Européennes, ou toutes les composantes de la majorité gouvernementale virtuelle ont déjà décidé de s’engager chacune de leur côté. Les tirs à boulet rouge s’intensifient. L’écran de fumée de l’unité est devenu une vitrine bien remplie qui expose toutes les tensions, tous les désacords, toutes les ambitions…

L’état de l’opposition n’a guère plus fier allure. L’UMP encore empêtrée dans une guerre des chefs larvée, semble uniquement préoccupée par l’intention supposée de Sarkozy de 2017. Sans tête, le mouvement est à la dérive, et ne parvient pas à s’emparer des lacunes d’un gouvernement aussi sans tête, pour proposer une voie alternative crédible. C’est naturellement LePen qui tire ses marrons du feu avec un opportunisme non dissimulé, abusant du populisme le plus abjecte. La dame qui a repeint à la va vite le parti de papa d’une rapide couche d’honorabilité qui ne trompe plus personne, roucoule un peu partout en se désignant comme l’alternative incontournable… Heureusement loin de faire l’unanimité, le FN, bien aidé par le PS, a quand même dangereusement progressé dans les intentions. Tiraillé par cette situation, l’UMP s’est scindée en deux mouvances dont l’une se rapproche bêtement de certaines idées populistes du FN. Le PS est logé à la même enseigne, avec une aile gauche qui flirte sans complexe avec les thèses révolutionnaires et sectaires de l’extrême gauche. Mais allez savoir pourquoi, cela choque moins l’opinion et les médias, bien qu’à mon sens, l’incompatibilité républicaine soit exactement la même. La presse devra d’ailleurs bien un jour faire son autocritique et assumer sa part de resposabilité dans ce traitement discutable de l’information. Les deux « Fronts » partagent les mêmes méthodes et parfois les mêmes électeurs. Le centre, pour ne pas dire « les centres », est lui aussi en déliquescence, et ne représente plus un allié crédible pour personne depuis longtemps.

Quelle que soit l’issue des deux consultations à venir, la question légitime d’une majorité réelle et efficiente est plus que jamais posée!

Et qu’importe un éventuel remaniement. Ce serait une mascarade de plus! La majorité sur laquelle s’appuie Hollande ne permet pas aujourd’hui et ne permettra qu’encore moins demain de diriger la France, d’apporter des réponses aux problèmes du pays et de traiter les préoccupations des français! Il est temps que le PS reconnaisse son réel poids électoral pur et fasse avec, sans se compromettre avec des organisations qui ne partagent strictement rien de sa vision sociale-démocrate assumée. Et surtout qu’il en finisse avec la recette inventée par Mitterrand, qui consiste à faire monter le FN pour affaiblir la droite républicaine par le jeu des triangulaires. A jouer avec le feu, on se brule tôt ou tard!

Face à cette situation nuisible pour la France, issue directement des conditions électoralistes de construction de cette majorité, c’est à se demander si l’heure ne serait pas logiquement à la cohabitation?

Que le Président n’ait pas de majorité propre ne serait pas une première, ni un drame…

Mais la France, elle, a besoin d’une majorité! Cela devient une question de survie pour les français!

Dissolution?