Syndicalisme inutile !

L’actualité nous montre chaque jour à quel point le syndicalisme à la française est dépassé et inutile. Au début des années 50, près de 40% des actifs étaient syndiqués. Aujourd’hui, c’est moins de 7%! Le chiffre tombe à 3% si l’on considère uniquement les salariés du privé. La question de la représentativité est clairement posée. En quoi, une pléiade d’organisations, qui représente si peu de monde, peut-elle prétendre représenter les intérêts de l’ensemble des salariés? Peut-on qualifier de partenaires sociaux, des organisations qui réfutent les évolutions socio-économiques et leurs dimensions mondialisées?

Le phénomène de désaffection est purement français. Chez nos voisins, le syndicalisme a su négocier les tournants de l’histoire pour rester un acteur incontournable de la vie économique et sociale. En France, les organisations syndicales sont arc-boutées sur des idéologies qui avaient cours dans les années 50. D’ailleurs, quand on demande à des responsables syndicaux d’autres pays d’Europe leur avis sur la vie syndicale en France, la réponse est souvent gênée, amusée et sans appel. Il en ressort invariablement que nos syndicats sont pour le moins restés moyenâgeux!

Et puis, le syndicalisme en France, c’est avant tout une histoire de gros sous. Tous les syndicats sont riches à millions! Milliards? Les cadres des centrales sont des nababs qui n’ont rien à envier aux patrons du CAC40 qu’ils dénoncent. Salaire important, défraiement, voiture avec chauffeur, personnel… Les pratiques sont aussi plus que discutables, pour ne pas dire mafieuses. Le nombre de syndicalistes qui bénéficient d’emplois fictifs est légion dans les grandes villes, dans les collectivités, au sein des organismes paritaires, dans les grandes entreprises avec une mission de service public… L’actualité a plusieurs fois pointé que de nombreuses sorties de crises s’étaient faites par un graissage de patte des syndicats, au mépris de l’intérêt des salariés! Régulièrement, ces pratiques sont dénoncées, mais étonnamment sans grande conviction. Détournements, surfacturations, fausses factures, prestations inexistantes… Les trésors de guerre accumulés du syndicalisme, sont un tabou auquel peu de personnes osent s’attaquer. Malgré une évolution de la Loi, la relation du syndicalisme à l’argent et ses sources de financement restent d’une grande opacité.

Les élus en entreprise sont livrés à eux-mêmes. Sans support, sans formation. Pour l’avoir vécu dans plusieurs entreprises, les élus sont avant tout des personnes qui cherchent à se protéger plutôt que d’œuvrer pour l’intérêt collectif. Quand les choses vont bien, le discours est un copier-coller des revendications politiques nationales, à mille lieues des contraintes et de la réalité économique du terrain. Quand les choses vont mal, soit vous êtes dans une entreprise qui permettra une couverture médiatique et les élus travaillent sous la dictée de l’audience, soit vous êtes dans une entreprise lambda, et là… Rien! Dans les deux cas, l’avenir de l’entreprise, de l’emploi et des salariés passe toujours après celui des élus et de l’obscène gloriole médiatique des syndicats.

Dans ces conditions, on peut aussi se demander pourquoi Hollande et le gouvernement tiennent tant à mettre en avant, et à toutes les sauces, le fameux dialogue social, qui n’a de dialogue que le nom. Au-delà de la dimension symbolique chère aux socialistes, qui ne coûte rien, et qui reste prudemment loin du concret, n’est-ce pas une façon machiavélique de faire porter à d’autres, par anticipation politicienne, la responsabilité des échecs annoncés d’une politique spectacle nuisible à la croissance et à l’emploi?

Où est la défense des travailleurs par ces syndicats qui sont au fil du temps devenus des officines politiques? La campagne pour les élections présidentielles de 2012 l’a confirmé avec force. Nombre de syndicats ont appelé à faire battre Sarkozy. Dixit «Votez Hollande !» N’y a-t-il pas là une imposture flagrante? La confirmation ultime que les syndicats ne sont finalement que des intermédiaires inutiles et coûteux! L’omniprésence de l’État socialiste dans nombre de conflits sociaux montre cette relation incestueuse. Le ministère du redressement productif est le symbole de l’ingérence de l’État dans le monde des affaires, souvent avec beaucoup de bruit, aucun résultat et un interventionnisme aussi populiste que douteux! L’État devient un acteur du syndicalisme par électoralisme, et le syndicalisme un acteur politique pour exister encore un peu! D’ailleurs, l’explosion du chômage et le niveau de croissance ridicule de la France montrent l’échec de ce modèle ou les syndicalistes ne sont que les intermittents de la classe politique de gauche.

Dans ces conditions, on peut s’interroger sur la pertinence du ruineux maintien des organisations syndicales sous cette forme archaïque. La représentation des salariés serait directement confiée aux partis politiques, les choses auraient le mérite d’être plus claires et plus honnêtes.

A l’heure où les circuits courts montrent leur efficacité partout, il n’y a aucune raison que cela ne fonctionne pas aussi dans le domaine syndical. En plus, cela aurait un avantage plus qu’énorme. Celui de rapprocher les politiques de la vie économique et de ses acteurs. Les salariés et… leur bulletin de vote! Une façon plus que pertinente d’aiguillonner le monde politique vers une attitude plus responsable et durable. Un moyen de confronter de manière certes brutale, mais nécessaire, nos élus au jugement immédiat de leurs idées et de leur projets de réformes structurelles inéluctables… Cette chute des tours d’ivoire obligerait à la compétence plus qu’à l’opportunisme qui gangrène la politique. Gageons que l’action politique deviendrait plus concrète, plus en phase avec les réalités du monde qui nous entoure, que l’éducation muterait naturellement vers un modèle qui offre un avenir aux jeunes plutôt que des voies de garage, que la lutte contre le chômage deviendrait une réalité plutôt que de stériles slogans, que la responsabilité céderait le pas à l’idéologie, que la nécessaire solidarité verrait ses coûts compris et maitrisés, que la sempiternelle et éculée lutte des classes disparaitrait pour une appréhension constructive de la relation employé / patron, que le concept dépassé des petites boites gauche / droite mourrait enfin, que l’expérience de la société civile s’imposerait naturellement face au dogme sur-représenté de la fonction publique en politique, que la désaffection des français pour la politique serait stoppée nette car les salariés citoyens deviendraient enfin les acteurs de leur propre avenir! Et même s’il n’y a pas d’économie immédiate à faire sur le financement de l’action syndicale, même si le mode d’élection des représentants ne change pas, le bénéfice en contrepartie serait énorme, immédiat et palpable pour la France!

Je n’y vois que des avantages pour tous! Les gagnants de la politique de demain seront les partis qui oseront défaire le bastion des syndicats, en s’imposant dans les entreprises, à leurs côtés, pour mieux faire éclater aux yeux des français l’inutilité de l’action syndicale d’aujourd’hui, par une concurrence constructive et salutaire au service de l’intérêt général. Ce sera d’autant plus facile que la représentation syndicale est tombée si bas qu’elle ne représente plus rien ni personne, si ce n’est la sinécure de quelques opportunistes très intéressés. Les barouds d’honneur qui consistent à brailler dans la rue ou à prendre en otage les français ne font plus recette et en deviennent très impopulaires! D’autant plus qu’ils sont le fait d’une minorité bénéficiant de la sécurité de l’emploi et de régimes spéciaux de plus en plus contestés!

La mort du syndicalisme à la française est une question d’évolution naturelle, qui ferait passer la France de lanterne rouge de la démarche syndicale, à inventeur du syndicalisme de demain en redonnant la main aux acteurs de la construction de l’avenir du pays : Les salariés, électeurs, plus impliqués dans une relation directe et concrète avec l’action politique qui préside aux grands choix!

La France doit définitivement dire adieu au cynisme et au mépris de son syndicalisme passéiste et laisser s’imposer un modèle constructif, plus politique et durable, ou la performance de l’action sera jugée immédiatement par les premiers intéressés.

L’imposture Mediapart !

Il n’aura échappé à personne, que depuis 2008, le pure player Mediapart, fait régulièrement parler de lui, par des révélations fracassantes qui visent le monde politique, mais aussi le monde des affaires au sens large du terme. Edwy Plenel, qui est à l’initiative de Mediapart, présente son site comme une alternative à une presse traditionnelle sinistrée, basé sur un réel journalisme d’investigation, libre de toute pression politique, actionnariale ou publicitaire. Le modèle économique repose sur l’accès payant au contenu sans publicité, ce qui fait dire à Plenel que Mediapart appartient de fait à ses seuls abonnés. Un Club est d’ailleurs associé au site, pour permettre aux abonnés qui le souhaitent, de devenir des contributeurs à part entière, et ainsi étoffer significativement en volume le contenu du site.

Pour tous ceux qui se contentent de cette présentation d’un nouvel idéal journalistique libre, l’idée pourrait paraitre géniale, et attirer la sympathie. La réalité est, comme souvent, bien moins idyllique. Quelques rapides recherches sur la toile, m’ont rapidement ouvert les yeux. Mediapart n’est en fait qu’une imposture! Ca n’est, ni plus ni moins, qu’un média de propagande, au service d’une idéologie collectiviste éculée, qui a longtemps bercé l’engagement politique de Plenel et de ses acolytes, et qui visiblement les berce encore quand on lit entre les lignes. Ah! Les péchés de jeunesse!!!

Tout projet entrepreneurial repose sur des hommes et sur une construction capitalistique. Le plus emblématique, le plus actif et le plus médiatique de l’aventure Mediapart est sans conteste Plenel. Mais il n’est pas seul. Tant dans l’équipe de direction de Mediapart, que dans les actionnaires directs et indirects, on retrouve nombre d’anciens activistes trotskistes, ou pour le moins très ancrés à gauche, ainsi que des figures de la gauche sociale-démocrate, à juste titre qualifiée de «gauche caviar». Détaillons l’actionnariat…  Les hommes, la femme, les entreprises et les amis anonymes qui sont la colonne vertébrale du fameux site dit «d’information»…

Edwy Plenel, très tôt, milite activement à la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR). Sous le pseudonyme de Joseph Krasny, il est journaliste à Rouge, hebdomadaire de la LCR. Il semble s’éloigner de la LCR, quand il entre au journal Le Monde. Dans son livre, Secrets de jeunesse, il revient sur son engagement militant trotskiste qu’il assume totalement et qu’il ne renie en rien. Il est à l’origine du projet Mediapart et un actionnaire de poids, qui en plus de la présidence et de la direction de la publication, joue un rôle de VRP lors de ses nombreuses invitations sur les plateaux de télévision. Il préside le conseil d’administration.

Marie-Hélène Smiejan, licenciée en Chinois, elle a fréquenté l’université de Pékin, et a mené une carrière de cadre dans le privé (ECS, Econocom…) et d’entrepreneur. Elle a notamment créé une société de conseil pour l’implantation en Chine et l’organisation d’évènements à Pékin. Actionnaire, fortement impliquée financièrement dans l’aventure Mediapart, elle en assure la direction générale et siège au conseil d’administration.

Laurent Mauduit, un temps secrétaire général du syndicat étudiant UNEF dont il est un fervent militant, il sera aussi journaliste à Informations Ouvrières, qui est à l’époque le journal de l’Organisation Communiste Internationaliste (OCI), la formation trotskiste d’obédience lambertiste, dont il sera un membre très actif. Il passera aussi par le journal Le Monde et Libération. Il est actionnaire de Mediapart et siège au conseil d’administration.

François Bonnet, journaliste, pudiquement présenté comme un homme «marqué à gauche», a collaboré au journal Le Monde, dont il est un temps le correspondant à Moscou, et aussi à Libération et Marianne. Il est actionnaire de Mediapart, en assure la direction éditoriale et siège au conseil d’administration.

Gérard Desportes, journaliste, passé notamment par Le Monde, Libération et Force Ouvrière Hebdo. Il s’est illustré par des ouvrages, dont deux coécrits avec Mauduit, dénonçant la dérive sociale-démocrate du socialisme en France et une forme de renoncement des socialistes aux vraies valeurs de la gauche qui sont les siennes. Il est actionnaire de Mediapart.

Godefroy Beauvallet, passé par le ministère de l’industrie, il devient membre du cabinet ministériel de Michel Sapin à la fonction publique et à la réforme de l’Etat sous le Gouvernement Jospin. Il est actionnaire de Mediapart.

Laurent Chemla, pirate informatique repenti, qui a ensuite fait fortune comme il le dit lui-même en «vendant du vent». Idéologue d’un monde numérique sans règle et sans frontière et fervent admirateur des hackers, il a mené une charge dogmatique très médiatique contre HADOPI. Il est actionnaire de Mediapart.

François Vitrani, directeur général de la Maison de l’Amérique Latine, véritable vitrine des «révolutions bolivariennes». Il est actionnaire de Mediapart.

Ecofinance, entreprise, dirigée par Jean-Louis Bouchard. Entrepreneur (ECS, Econocom…), très introduit auprès des collectivités locales, son carnet d’adresses est bien rempli de tout ce que la gauche a de ténors. Il ambitionne aussi de devenir un acteur de la presse et a tenté vainement de racheter la Tribune. Sa société est actionnaire de Médiapart.

Doxa, entreprise, dirigée par Thierry Wilhelm dont l’entreprise est entre autre aussi coactionnaire de Politis avec Le Monde Diplomatique. Sa société est actionnaire de Mediapart dont il est membre du conseil  d’administration.

La SAM (Société des Amis de Médiapart), qui réunit 46 membres fondateurs anonymes. Sont démasqués, Xavier Niel, patron d’Iliad-Free et contributeur majeur de la SAM (l’ambition de Niel de devenir un poids lourd des patrons de presse se confirmera par le rachat du quotidien Le Monde, de Télérama du Nouvel Observateur… avec ses amis Pierre Bergé et Matthieu Pigasse – Trio dont l’engagement à gauche n’a plus de secret pour personne), Maurice Lévy, patron de Publicis (Élisabeth Badinter est l’actionnaire principal de l’agence qui a remporté l’appel d’offre de la communication du Gouvernement…). La SAM, fonds de placement domicilié à la même adresse que Mediapart, est présidée par Michel Broué, qui fut membre actif de l’Organisation Communiste Internationaliste (OCI) où il est recruté par Lionel Jospin alors militant trotskiste. Il quitte l’OCI pour rejoindre le Parti Socialiste et participe activement au groupe « Convergences Socialistes » avant de s’en éloigner pour des divergences portant sur le FN. Broué est membre du conseil d’administration de Mediapart.

Cette proximité des actionnaires, et notamment des plus influents, avec le pouvoir actuel, ne va pas sans poser la question de la liberté éditoriale. D’ailleurs le rôle militant très médiatisé de certains d’entre eux pendant la campagne présidentielle de 2012, ainsi que le contenu très anti-sarkozyste du site, tendent à démontrer que finalement Mediapart a un ancrage éditorial très à gauche, non assumé du fait de son positionnement marketing.

Alors, Plenel joue la vierge effarouchée en rappelant à qui veut l’entendre que c’est Mediapart qui a fait tomber Cahuzac! Preuve de pluralisme? Sauf que ne lui en déplaise, l’argument ne tient pas. Cahuzac était farouchement opposé au fait que la presse en ligne bénéficie du même régime fiscal que la presse papier. Cahuzac devenait dès lors un ennemi et une cible, tout socialiste qu’il était, pour le trotskiste Plenel, avant tout patron de presse menacé. Alors, Mediapart n’a reculé devant rien pour se débarrasser de Cahuzac qui représentait un risque inéluctable de redressement fiscal, signifiant la mort du site. S’il y avait des scrupules, ils ont vite été balayés par l’image insupportable du notable de province, la réussite en profession libérale, l’opportunisme politique et la cupidité qu’incarnait Cahuzac pour le trotskiste de toujours qu’est Plenel. D’ailleurs, Mediapart, quasi certain de voir prochainement adopter une modification de la Loi dans le sens de ses revendications, ne va pas pousser plus avant son investigation dans l’affaire Cahuzac, alors qu’il y avait matière, notamment sur le montant ridicule de la fraude avouée. De même que quand Mediapart se fait le relais de l’actualité gênante qui concerne le Gouvernement actuel ou des élus de gauche, c’est sans grande conviction. Juste ce qu’il faut, comme les autres, pour ne pas passer trop ouvertement pour le média en croisade qu’il est! Notons aussi que Mediapart évite soigneusement d’enquêter sur la gauche extrême, les mouvances trotskistes et leurs financements obscurs. Pas plus que l’investigation n’est approfondie sur les fortunes accumulées par les organisations syndicales et les emplois fictifs dont elles bénéficient dans les organismes paritaires déficitaires ou certaines collectivités. Non, la ligne éditoriale, qui n’a, comme tout le monde l’a bien compris, rien de libre, est uniquement axée sur l’aide sans faille aux intérêts politiques de la gauche, y compris la plus extrême, et de ses tous puissants ténors dès lors qu’ils ne représentent pas de risque pour Plenel et ses actionnaires! L’avertissement Cahuzac a définitivement refroidi ce qui n’était déjà plus que des velléités!

S’il était besoin d’enfoncer le clou pour démontrer l’orientation éditoriale de Mediapart, il suffit de se renseigner sur les journalistes «d’investigation» qui œuvrent au contenu du site par des articles ou par l’animation de blogs! Tous sont passés un jour ou un autre par Le Monde, Libération, Marianne… Que des titres à la neutralité exemplaire! Je profite de parler des salariés de Mediapart, qui semblent invariablement rester juste en deçà du quota qui impose la représentation salariale et le comité d’entreprise, pour lancer un petit défi au patron trotskiste…

« A l’heure ou une Loi visant à encadrer le recours aux stagiaires pour lutter contre l’emploi déguisé voit le jour, aurez-vous le courage, M. Plenel, de révéler enfin les chiffres du nombre de stagiaires qui contribuent largement à faire tourner votre site? Quel impact la Loi va-t-elle avoir sur votre fonctionnement et sur vos résultats financiers? Répondez moi M. Plenel! » 

Après l’imposture éditoriale, attaquons nous maintenant à la posture marketing, qui est, elle aussi une imposture, dont la finesse n’a d’égal que l’ingéniosité. Le modèle économique du numérique payant sans revenu publicitaire est et reste un pari risqué. Nombreux sont ceux qui s’y sont brulés les ailes et peu survivent. Mediapart semble y parvenir… Et comment? L’équilibre repose sur un nombre d’abonnés payants qu’il faut d’abord atteindre, puis conserver. C’est donc la technique du soap opera, inventée aux EU qui est utilisée par Mediapart. Les soap opera, sont ces séries télévisées, pour public populaire, qui n’ont pas de fin… Les feux de l’amour, Plus belle la vie… Donc, pour capter son lectorat, Mediapart saucissonne avec soin l’ensemble des informations délivrées en une suite sans fin de promesses de révélations pour le lendemain, toutes plus fracassantes les unes que les autres, pour créer une addiction. En gros, tu as payé aujourd’hui, et si tu veux la suite de l’histoire, tu payeras demain ou mieux, tu t’abonneras à l’année. Je note avec amusement qu’on est loin des valeurs trotskistes, mais plus proche du cynisme capitaliste des grandes chaines privées américaines qui engrangent des fortunes avec leurs soap opera. Cela pose la question de l’abonné qui accepte de payer pour suivre le grand feuilleton Mediapart. Qui est-il? Il y a forcément une majorité de sympathisants à la cause trotskiste, embrigadement oblige. Mais aussi bon nombre de militants socialistes… De grands noms du socialisme, dont Ségolène Royal, n’ayant pas hésité à exhorter publiquement les partisans de son association Désir d »avenir à soutenir l’initiative et à s’abonner.

En résumé, on peut tout à fait faire le parallèle avec le spectateur type du soap opera. L’abonné est certainement pour Mediapart, un individu issu de la classe/culture populaire/ouvrière, vraisemblablement «victime» à des degrés divers de ce que l’on nomme «la mondialisation», aimant le confort de la pensée prémâchée personnifiée par une icône à laquelle il s’identifie, attaché à avoir un bouc émissaire qu’on lui désigne, convaincu d’accomplir un acte militant, un peu crédule, très réceptif à une forme de contenu répétitif, peu dense et un brin populiste auquel il va rapidement développer une addiction forte.

Ne rigolez pas! En relisant ce «profil» type de l’abonné Mediapart, je me rends compte qu’il colle parfaitement au cœur de cible du Front de Gauche et aussi du Front National! Là, je sens que Plenel va s’étrangler… Ou pas! L’homme et ses actionnaires ont déjà démontré combien il peuvent détourner le regard de leurs convictions affichées quand il s’agit de leur business!

En synthèse, l’imposture Mediapart, c’est,  un média comme tous les autres, appartenant à des actionnaires très loin d’être des philanthropes, surfant sur l’explosion du contenu numérique et sa monétisation par un modèle économique certes innovant mais risqué, et exploitant sans scrupule, par des méthodes marketing à la rentabilité éprouvée ailleurs, la crédulité d’un lectorat au cœur de cible soigneusement identifié, quantifié et ciblé.

Tout ça n’est pas un sketch des Guignols. Ça n’est pas Monsieur Sylvestre de la World Company. C’est Edwy Plenel de Mediapart!

Maintenant que nous sommes pleinement éclairés. Quelle valeur réelle donner aux scoops permanents des nombreuses affaires, initiées ou relayées par Mediapart, qui visent invariablement Sarkozy? Les «révélations» pleuvent quotidiennement depuis la création du site en 2008. Certaines font même, par le caractère discutable de la provenance des sources et des méthodes utilisées, l’objet de plaintes en cours d’instruction à l’encontre de Mediapart. Une chose est sure. Depuis tout ce temps, toutes ces années, la justice n’a rien trouvé de concret à reprocher à Sarkozy, qui a même été blanchit dans certaines affaires. Alors soit les enquêteurs et les juges sont de sombres crétins incompétents, soit il n’y a rien à gratter. Cahuzac est tombé en quelques mois. Sarkozy, après toutes ces années de sous entendus, de soupçons, d’accusations, de calomnies, d’amalgames alambiqués, de vindicte politico-médiatique est toujours debout. Près d’une année d’écoutes de Sarkozy, de son avocat et de ses collaborateurs à l’Intérieur, n’ont pas plus fait avancer le schmilblick! A se demander si tout ce cirque bien huilé ne serait pas de la manipulation… Un fantasme né dans des esprits malades!

Alors oui, plus que jamais, la question de l’acharnement est posée! Et les développements récents posent aussi la question de la réelle indépendance de la justice! Autant que la question de la connivence entre les médias et le pouvoir! Mediapart en tête!

Je peux comprendre que Plenel ne soit ni choqué ni interpelé par cette traque à laquelle il contribue avec tant de zèle et une telle constance. C’est tellement dans la culture trotskiste que de pratiquer la purge par tous les moyens! L’histoire de cette idéologie a quelques croustillants exemples qui offrent des parallèles surprenants!

Mais dans la vraie vie, pour les français qui sont las de ce climat délétère loin de leurs préoccupations réelles, pour les politiques qui ont la prétention de nous gouverner, et qui un jour ou l’autre devront assumer les dérives, empruntes d’un sectarisme débridé évident, auxquelles nous assistons; Où cette hargne aveugle apparemment hors de contrôle va-t-elle nous mener?

Une chose est sure, le vase déborde, et des têtes doivent et vont tomber! il ne peut en être autrement… Et n’en déplaise à tous ceux que l’on a méticuleusement dressé à le haïr, je doute que celle de Sarkozy soit du lot!

Une petite note d’espoir dans cette déliquescence journalistique et politique dont la gauche est l’architecte fou et Mediapart un instrument parmi tant d’autres… Je note avec joie que de nombreux abonnés contributeurs très actifs de Mediapart claquent la porte devant la pensée unique véhiculée et la violence des réactions des autres abonnés et aussi des journalistes du site, dans une ligne arrogante et suffisante qui fait la marque de tous les promoteurs extrêmes des fameuses «forces de progrès».

Un petit tour sur le Club de Mediapart, qui est en accès libre, vous convaincra de la réalité de ces caricatures nombrilistes et fanatisées, d’une gauche nostalgique et hors du temps, qui hantent aussi tant de réseaux sociaux. Pour moi, ça a été un grand moment de franche rigolade… Je le recommande pour vos moments de blues qui, je le crains, seront nombreux jusqu’en 2017!