Stop à l’intox !

EU FlagQuelle consternation! Non pas à cause du score du FN, mais à cause du grand mouvement d’émoi qui a envahi tous les médias dès hier soir à l’annonce des estimations des résultats de ces élections Européennes. A l’instar de Mélenchon qui s’est livré à une pitoyable conférence de presse où la voix chevrotante il a failli verser une petite larme pour sa patrie perdue (Ici) ; l’ensemble de la classe politique, dans une transe collective incontrôlable, se présente comme la victime d’une vague qui rappelle les heures les plus sombres de l’Europe… Tout ces comédiens, qui n’ont décidément pas peur du ridicule, auraient dû concourir pour une palme à Cannes! Mélenchon aurait peut-être enfin gagné quelque chose, avec un magnifique prix d’interprétation!

Il semble donc plus que nécessaire de remettre les pendules à l’heure!

Que pèse réellement le FN en France? En tenant compte des dernières municipales et du résultat encore provisoire de l’élection d’hier, le FN détient 0,36% des fonctions électives… Y-a-t-il de quoi être horrifié? Est-il nécessaire de courir sans but en agitant les bras au ciel?

Et si l’on rentre un peu plus dans le détail de ce dernier scrutin qui horrifie tant de vierges effarouchées de circonstance, on se rend compte que le vote FN n’a représenté que 10,11% du corps électoral. C’est la forte abstention traditionnelle de ce scrutin qui donne l’illusion que le FN est plus gros qu’il ne l’est réellement avec un score de 24,85% des suffrages exprimés. C’est ça le «soleil noir» qui se lève sur la France et l’Europe? Soyons sérieux!

Tout ça est donc un peu court pour que Marine Le Pen et ses sbires chantent à l’envie et à l’unisson, telle la Castafiore, que le FN est le premier parti de France! Non!?

Cela dit, on peut comprendre que l’héritière de St Cloud soit contente et qu’elle n’en finisse pas de roucouler… La marque FN, propriété exclusive des Le Pen, va se goinfrer encore un peu plus de l’argent public! Un vrai jackpot pour le clan! D’ailleurs, le FN est géré comme une multinationale dont le seul objectif est de faire rentrer le cash… J’en veux pour preuve l’art du slogan du FN qui peut faire pâlir n’importe quelle agence de communication! Le plus gros succès du FN est sans doute le «tous pourris» auquel tant de français adhèrent sans se poser de question. Alors que la réalité, c’est que c’est au FN qu’il y a le plus d’élus condamnés ou mis en examen avec 15,68% (UMP 3,12% & PS 1,94%)! Ces gens nous vendent des merguez en nous faisant croire que c’est des chipolatas! Elle est pas belle l’arnaque? En résumé, le FN c’est juste un juteux business qui repose sur le principe de la grenouille qui veut paraitre plus grosse que le bœuf. Rien de plus, rien de moins!

La conséquence politique européenne de tout cela… De ces 24 députés FN sur 751… Hé bien… RIEN!!!

Tous les gogos qui ont donné leur vote au FN ne verront strictement aucun changement! Il n’est même pas dit que les élus FN puissent constituer un groupe parlementaire, tant les divergences sont fortes au sein du petit monde des nationalistes eurosceptiques! Pour mémoire, Nigel Farage, chef de file des anti-européens britanniques trouve les Le Pen «infréquentables»… Et même si c’était le cas, toute cette clique europhobe ne dispose d’aucune majorité, donc d’aucun pouvoir d’influer sur les orientations européennes qui vont se poursuivre dans une continuité inébranlable!

La conséquence politique française de tout cela… Là aussi… RIEN!!!

Alors, stop à l’intox! Il n’y a pas d’invasion fasciste en France ou en Europe! Les chemise brunes sont bien définitivement enterrées! Ceux qui agitent ces symboles d’un autre temps, sont au fond aussi populistes que ceux qu’ils entendent combattre! Des extrémistes en somme qui se nourrissent l’un l’autre…

En revanche, il y a un message clair à nos gouvernants et aussi à la classe politique dans son ensemble. D’abord par le taux d’abstention et ensuite parce que c’est sur la tranche des moins de 35 ans que le FN fait ses meilleurs scores. On est loin de l’idée préconçue, véhiculée à satiété par les bobos, du retraité aigri et réac! Loin aussi des affirmations du FN qui se veut représenter la classe ouvrière! Rien de tout cela… L’électeur du FN c’est un jeune de moins de 35 ans qui est au chômage… Gloups! C’est nos gosses! Nos chères têtes blondes! Qui après de longues et couteuses études sont sur le carreau! La classe politique ne sait plus parler aux jeunes. A mieux elle les oublie, au pire elle les ignore. Pourtant ce sont eux l’avenir de la France! Cette même France qui ne leur offre aucun avenir! Et le FN profite à bon compte de cette démission de toute la classe politique. Il désigne à ces jeunes, des bouc émissaires et des coupables, leur promettant un lendemain meilleur. Et cela semble suffire à ces jeunes consciences politiques en herbe, influençables de par leur situation.

A gauche comme à droite, tous les ténors n’ont de cesse d’affirmer au fil des scrutins qu’ils ont tiré les enseignements, qu’ils ont compris le message… Comme une vieille rengaine qu’ils voudraient encore crédible!

Le verdict final est pour 2017! Si Hollande ne prend pas conscience (enfin!) que sa politique des années 80 n’est pas adaptée à la situation de la France d’aujourd’hui. Si l’opposition n’est pas en mesure d’offrir un autre spectacle que des combats de coqs. Alors le FN sera au second tour! Certes sans aucune chance de l’emporter… Mais cette fois, le parti qui sera troisième prend le risque de disparaitre du paysage politique…

L’actualité semble bien confirmer que les «stratèges» de Solferino comptent plus sur l’organisation de l’affaiblissement de l’opposition que sur leur réussite politique aux affaires pour espérer jouer le deuxième tour de la prochaine présidentielle avec le FN. En se faisant le bruyant écho des querelles d’égos à l’UMP, en agitant régulièrement et opportunément les affaires supposées de Sarkozy, en organisant le non remboursement des frais de campagne de Sarkozy, en s’émouvant récemment de la bonne gestion du parti d’opposition (un comble!), espérant ainsi s’assurer la perspective d’une primaire sanglante et destructrice à droite. Dans le même temps, j’ai aussi la désagréable sensation qu’au PS et à l’Élisée, tout est fait pour promouvoir le FN et l’extrême droite. Tous les projets dits «sociétaux», à mille lieues des réelles préoccupations économiques et des priorités de la nation, font savamment la une de l’activité gouvernementale pour aiguillonner et cristalliser la nébuleuse à droite de la droite dont le FN se veut la vitrine «propre»… Le mouvement JDC en est la confirmation.

Tout cela sera-t-il suffisant? Pour masquer le record d’impopularité de Hollande, les deux années perdues par Ayrault, la pression fiscale insupportable, l’explosion de la délinquance, les sommets jamais atteints par le chômage, le pouvoir d’achat en chute libre, la mort de l’entrepreneuriat, la dégradation de la note de la France, le niveau du déficit qui ne cesse de grimper… Sans compter les tabous dogmatiques du PS et de la gauche que sont l’immigration et la solidarité envers les illégaux plus forte qu’envers les nationaux! Il y a aussi les affaires, dont le PS n’est pas exempt, avec Cahuzac, Aubry, Guérini, Navarro, Kucheida, Andrieux, l’ombre de DSK…

Le pari est bien risqué! Ça ressemble limite à un «All in» coup de bluff! Attention… L’histoire pourrait bien se répéter… Ou à défaut balbutier de la même manière!all inLa recette anti FN est pourtant ultra simple. Il suffit juste d’être crédible dans l’action politique en ne niant pas les réalités, d’agir vite sur les réelles priorités et d’obtenir des résultats concrets.

Mais comme les coups bas et les raisonnements tordus l’emportent visiblement sur le simple fait de faire le job, le spectre du «21 avril» plane plus que jamais sur 2017… Sauf que cette fois ci, la victime ne se relèvera pas!

A ce moment-là seulement, le FN deviendra un acteur de poids de la politique française, par la simple inconsistance de l’alternative républicaine! En attendant, le FN a juste à attendre tranquillement que le PS et l’UMP continuent leur suicidaire petit jeu d’autistes.

Pour éviter ce scénario, au lieu de courir les plateaux de télévision pour nous vendre une peur qui n’a pour l’heure aucune raison d’être, Messieurs les politiques, sortez-vous enfin les doigts du cul, et mettez-vous au boulot pour justifier vos rentes!

Haro sur l’UMP! La meute est lâchée!

Tout est bon pour ce gouvernement sans majorité dans le but de salir les hommes, décrédibiliser les mouvements, afin de minimiser, autant que faire se peut, les gigantesques claques électorales qui s’annoncent et l’absence totale de résultat à près de deux ans d’agitation stérile!

Le rôle d’un gouvernement, c’est d’agir! Le rôle du ou des partis qui sont sensés composer la majorité, est de proposer et d’expliquer la démarche gouvernementale soutenue! Et comme il n’y a pas d’action gouvernementale, pas plus que d’idées crédibles, tout ce joli monde s’emploie à son sport favori, et activité unique, la chasse en meute!

Listons donc, pour le plaisir de ne jamais les oublier, tous les actes qui honorent le PS, le gouvernement Ayrault et notre gentil Président:

  • La Haine – Dès la campagne électorale de 2012, le PS s’est employé à construire consciencieusement et à répandre un sentiment général de haine viscérale à l’encontre de Sarkozy. La discutable stratégie a été porteuse, puisque Hollande, opportuniste candidat de la défection de DSK, et sans aucun programme, a été élu sur la seule haine de l’autre. La conséquence a accessoirement été la décrédibilisation de la fonction présidentielle, et Hollande s’en mord sans doute les doigts aujourd’hui…
  • Le Mensonge – Là aussi, dès la campagne de 2012, le PS a scrupuleusement nié la crise économique que la France venait de traverser pour mieux tenter d’en faire porter les conséquences par Sarkozy et le Gouvernement Fillon. Et bien que le président de la cours des comptes, un socialiste, ait attesté clairement que la gestion de cet épisode inattendu et difficile par Sarkozy fut exemplaire, la négation s’est poursuivie et se poursuit encore avec une hargne aveugle.
  • Les Affaires – Toujours pendant la campagne de 2012, mais aussi aujourd’hui encore, le PS, en magicien hors pair, sort ou ressort de son chapeau des affaires supposées qui mettent en cause Sarkozy et aussi les cadres de l’UMP qui lui font peur. C’est ainsi que sont nées, dans les officines de Solferino, les affaires «Bettencourt», «Karachi», «Kadhafi», «Fadettes», «Sondages», «Tapie»… Pourtant bien aidées par une presse quasi captive et un réseau d’affiliés au sein de la magistrature, toutes ces affaires sont au point mort, faute d’élément tangible ou de preuve! Qu’importe, elles font régulièrement les unes sur ordre, au nom du principe cher au PS qui se résume en «Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose»!
  • La Duplicité – Pour affaiblir l’UMP, seul parti crédible d’opposition, les plus hautes sphères de l’état PS ont déployé tout ce que la création permet de duplicité, et même au-delà, pour faire invalider les comptes de campagne de Sarkozy. Imposant de fait une sanction historique équivalente à 3666% du dépassement supposé et très discutable, espérant couler purement et simplement l’UMP! C’était sans compter la fidélité et l’engagement sans faille des militants! Le PS a même tenté, au comble de son ressentiment, et piqué au vif par la mobilisation, d’interdire la déduction fiscale associée aux dons à l’UMP sous des prétextes aussi fallacieux les uns que les autres!
  • La Division – Sans réelle majorité, le PS doit trouver une parade. C’est donc avec soin qu’il clive profondément la société française pour qu’aucune majorité d’opposition ne puisse se dégager. Ce raisonnement pousse même le PS à reproduire la recette miracle de Mitterrand, qui consiste à donner de l’écho au FN pour diviser la droite. Quitte à oublier qu’à ce jeu stupide et dangereux, Jospin s’est brulé les ailes!
  • La Stigmatisation – Pour tenter de souder une majorité qui n’en a que le nom, tant les divergences de ceux qui la composent sont grandes, le PS stigmatise à tours de bras. Tour à tour, ce sont les catholiques taxés d’intégrisme, les patrons qualifiés de voyous, les familles accusées d’homophobie, les «français de souche» montrés comme des «fachos», toute forme d’opposition jugée comme «réac», la défense des valeurs imputées de passéisme rétrograde… Tout un chacun, a sa chance d’être le stigmatisé du jour pour satisfaire la stratégie électoraliste d’une union improbable en totale déliquescence!
  • Le Communautarisme – Instrument électoraliste par excellence, la promotion à l’excès de toutes les formes de communautarisme, contribue soigneusement à la division et à la stigmatisation. Ce jeu dangereux du PS, visiblement totalement hors de contrôle, produit des effets extrêmement néfastes et pervers qui exacerbent l’homophobie, l’antisémitisme et le racisme. Paradoxal que le PS soit la cause directe de ce qu’il annonce par ailleurs dénoncer… Non?!
  • L’Instrumentalisation – Tout est prétexte à l’instrumentalisation des propos de l’opposition pour tenter de décrédibiliser celle-ci. Ainsi, une simple interrogation sur le contenu des livres recommandés aux enseignants pour les tous petits, est tournée caricaturalement en ridicule. Alors que dans le même temps, en catimini, les livres en question sont déclassés… Preuve que loin d’être ridicule, l’opposition, elle, fait son travail, et pointe les manquements, les errements, et les conséquences de la précipitation d’un Gouvernement amateur!
  • La Boule Puante – Toujours au plus mal face aux échéances qui arrivent, le PS, par le truchement d’un éditorialiste qui a juré fidélité, fait sous-entendre que l’UMP est mal gérée, et qu’il y a du copinage dans l’attribution des prestations, voir du détournement… Assez étonnant, qu’au lieu de se réjouir que l’UMP se priverait de moyens en dépensant à tort et à travers, le PS s’inquiète au contraire de la bonne utilisation de l’argent des militants de droite! De quoi désigner sans conteste l’origine de la boule puante… lancée à trois semaines des municipales, par un PS aux abois, qui veut démobiliser à tout prix les militants et l’électorat de droite.
  • Le discrédit – Toutes les perfides attaques ne démobilisant pas les sympathisants de l’UMP, un canard en mal d’audience, publie à deux semaines des municipales, des enregistrements de travail sensés émouvoir la France entière. Là aussi, comme pour la boule puante, les éléments de langage déjà préparés, ne laissent aucun doute sur le marionnettiste à l’origine de ce qui n’est au fond qu’un flop par trop de précipitation… Le fameux canard nous avait habitué à des scoops plus croustillants! On y découvre en effet que la politique n’est pas un monde de bisounours et que les noms d’oiseaux sont monnaie courante!? Houlà! La grosse affaire que voilà… J’ironiserai sur cette grossière tentative ratée, en rappelant à tous les jolis qualificatifs que tous les candidats à la primaire socialiste ont donné publiquement à leur ami Hollande… Je n’ose imaginer ce qui se disait en privé! Et à voir le respect de certains ministres a l’endroit de Ayrault, ouvertement méprisé et critiqué… Je n’ose, là aussi, imaginer ce qui doit se dire en privé! De quoi faire passer le cynisme dénoncé par certains pour de simples enfantillages! Non!?

Les socialistes contribuent un peu plus chaque jour à décrédibiliser la classe politique toute entière par une action inqualifiable et honteuse, oubliant leur rôle et leur raison d’être. Même si tout cela est bien pratique pour faire oublier que les promesses farfelues du candidat Hollande ne sont pas tenues ou sont siné die reportées… aux calendes grecques, la vision que le PS donne de l’action politique devrait constituer le recueil de ce qu’il ne faut pas faire, l’ABCD de la honte et du mépris du peuple!

C’est aujourd’hui la peur qui anime Hollande, le Gouvernement et le PS. La peur d’une claque comme jamais le socialisme n’en a pris… Gageons que si l’élection présidentielle avait lieu demain, Hollande, comme Jospin, n’atteindrait même pas le second tour!

Alors laissons ces inutiles de la politique à leurs jeux vicieux et destructeurs, car nous en avons, nous, une plus haute idée… de la Politique.

Restons mobilisés malgré les attaques téléguidées qui viennent de tous les fronts, car ce qu’on voudrait nous faire croire une tempête, n’a en fait de réalité qu’au fond d’un verre d’eau. Soyons sourds à ces médias militants qui œuvrent sans s’en rendre compte à leur propre discrédit. Gardons le cap, et montrons notre mobilisation intacte et notre force! Car définitivement, la haine, le mensonge, les affaires, la duplicité, la division, la stigmatisation, le communautarisme, l’instrumentalisation, la boule puante, le discrédit ne sont pas et ne seront jamais de nos valeurs! Laissons-les au cynique PS et à sa majorité virtuelle, qui nous démontrent chaque jour ô combien ils les embrassent!

Quelle majorité pour Hollande ?

Le soutien affirmé et indéfectible de Duflot aux manifestants de Nantes contre le projet de nouvel aéroport est le nouveau couac au sein de la majorité, qui n’en devient qu’un peu plus virtuelle.

Revenons un peu sur l’histoire de cette majorité.

Sa construction a débuté lors de la campagne présidentielle de 2012, ou la stratégie du PS était avant tout basée sur l’anti-sarkozysme à défaut de réel programme, ainsi que sur la négation de la situation de crise. D’où l’union improbable de formations si éloignées politiquement les unes des autres. Jamais un parti n’aura usé d’un racolage électoraliste aussi large! De la gauche la plus extrême, en passant par les communistes, les verts jusqu’à une partie du centre. On peut même y ajouter une partie du FN, puisque l’incapacité de LePen à faire un choix pour le second tour, à bien fait les affaires du PS, et a conduit par le jeu de l’abstention à l’élection de Hollande sur le fil du rasoir par 39% du corps électoral. S’en suivent les élections législatives, copieusement dosées de stratégie électoraliste du PS via des concessions à ses alliés leur permettant artificiellement d’atteindre les fameux quotas pour créer des groupes parlementaires. Le PS, dans sa frénétique volonté de tancer hargneusement l’UMP, surfant toujours plus sur l’anti-sarkozysme que sur la récente victoire de Hollande, s’est tellement perdu en compromissions électorales que la majorité absolue qui lui tenait tant à cœur lui échappe!

Dès lors, le gouvernement fraîchement nommé est le reflet de toutes ces alliances contre nature et des incohérences qui en découlent. Mélenchon, pourtant fidèle valet du PS lors des deux scrutins, a très tôt exclu de participer au gouvernement et se pose déjà comme un arbitre incontournable qui entend dicter une vraie politique de gauche à un Président qu’il juge trop timoré depuis toujours. EELV, dont les ténors semblent plus attachés au carriérisme que ceux du FdG, entre au gouvernement dans une proportion démesurée par rapport à sa représentativité électorale réelle. Ce qui n’empêche pas EELV de rappeler à qui veut l’entendre tous ses désaccords avec le Président fraîchement soutenu et élu. Valls et Montebourg, incontournables poids lourds de la primaire socialiste qui n’ont pas été tendres avec celui qui sera finalement leur leader, trustent des places à forte visibilité médiatique! Et puis aussi toutes les tendances qui composent un PS aux sensibilités plus que jamais diverses vont entrer dans la danse, en plus d’éléphants du parti et des contreparties internes d’usage.

Soucieux de nommer un Premier Ministre qui ne lui fasse pas d’ombre, Hollande choisit Ayrault! En timide provincial endimanché, le pauvre homme ne réussira jamais à tenir ses ministres tous plus franc-tireurs les uns que les autres dans un bal des égos sans commune mesure. Entre mises au points, recadrages, couacs à répétition, celui qui devait assurer la cohésion apparaît très vite comme un homme sans poigne de plus en plus isolé et méprisé. La confiance réaffirmée à maintes reprises du Président, et Batho qui sera virée pour l’exemple, n’y changeront rien. Même au Sénat, qui a basculé à gauche, c’est la rébellion. Les communistes se sont plusieurs fois alliés à l’UMP pour faire échec au PS et au gouvernement.

Aujourd’hui, 21 mois après son élection, Hollande bat tous les records d’impopularité. Adieu la promesse d’inversion de la courbe du chômage! Adieu la promesse de ramener le déficit à 3% du PIB!  La pression fiscale est à son comble! Les agences de notation abaissent la note de la France! Le FMI, la BCE, la CDC et l’UE ne cessent d’exhorter Hollande de s’attaquer aux vrais problèmes et de mettre en œuvre une ligne politique plus en phase avec la réalité! Entre stigmatisation, sectarisme, communautarisme exacerbé et réformes idéologiques imposées aux forceps, les français n’auront jamais été autant divisés!

Plus que jamais dans l’histoire de la cinquième République, une majorité gouvernementale n’aura eu de majorité que le nom!

Et c’est bien parce que Hollande s’appuie sur une majorité virtuelle qu’aucun sujet de fond ne peut être traité. Les vraies priorités n’ont droit qu’à des déclarations d’intention de circonstance qui ne valent guère mieux que les promesses électorales déjà bien vite enterrées. C’est donc une valse bruyante de contre feux qui occupe le gouvernement à coups de symboles en agitant les thèmes de l’égalité, de la parité, de la transparence, de la solidarité, de la République… Tout est bon pour créer un émoi larmoyant de diversion.  Alimentant un peu plus chaque jour l’incompréhension, la division et le mécontentement. Au sein du gouvernement, c’est maintenant  l’autorité du Président qui est de plus en plus souvent mise en cause, et sa politique clairement attaquée. Les faux amis d’hier prennent ouvertement leurs distances comme pour mieux regarder le bateau France partir à la dérive, oubliant bien vite leur coresponsabilité de fait!

Alors, à l’approche des municipales, l’état PS tente coûte que coûte de calmer le jeu avec ses amis de plus en plus indisciplinés, pour minimiser les dégâts d’un scrutin qui s’annonce très difficile. A tel point que beaucoup de socialistes en sont à espérer un FN fort pour limiter la casse… Un comble pour ceux qui se posent en rempart face à la montée de l’extrême droite! Non?!

Mais toute cette harmonie de façade, tenue à bout de bras par un PS désuni, est mise à mal par la perspective des élections Européennes, ou toutes les composantes de la majorité gouvernementale virtuelle ont déjà décidé de s’engager chacune de leur côté. Les tirs à boulet rouge s’intensifient. L’écran de fumée de l’unité est devenu une vitrine bien remplie qui expose toutes les tensions, tous les désacords, toutes les ambitions…

L’état de l’opposition n’a guère plus fier allure. L’UMP encore empêtrée dans une guerre des chefs larvée, semble uniquement préoccupée par l’intention supposée de Sarkozy de 2017. Sans tête, le mouvement est à la dérive, et ne parvient pas à s’emparer des lacunes d’un gouvernement aussi sans tête, pour proposer une voie alternative crédible. C’est naturellement LePen qui tire ses marrons du feu avec un opportunisme non dissimulé, abusant du populisme le plus abjecte. La dame qui a repeint à la va vite le parti de papa d’une rapide couche d’honorabilité qui ne trompe plus personne, roucoule un peu partout en se désignant comme l’alternative incontournable… Heureusement loin de faire l’unanimité, le FN, bien aidé par le PS, a quand même dangereusement progressé dans les intentions. Tiraillé par cette situation, l’UMP s’est scindée en deux mouvances dont l’une se rapproche bêtement de certaines idées populistes du FN. Le PS est logé à la même enseigne, avec une aile gauche qui flirte sans complexe avec les thèses révolutionnaires et sectaires de l’extrême gauche. Mais allez savoir pourquoi, cela choque moins l’opinion et les médias, bien qu’à mon sens, l’incompatibilité républicaine soit exactement la même. La presse devra d’ailleurs bien un jour faire son autocritique et assumer sa part de resposabilité dans ce traitement discutable de l’information. Les deux « Fronts » partagent les mêmes méthodes et parfois les mêmes électeurs. Le centre, pour ne pas dire « les centres », est lui aussi en déliquescence, et ne représente plus un allié crédible pour personne depuis longtemps.

Quelle que soit l’issue des deux consultations à venir, la question légitime d’une majorité réelle et efficiente est plus que jamais posée!

Et qu’importe un éventuel remaniement. Ce serait une mascarade de plus! La majorité sur laquelle s’appuie Hollande ne permet pas aujourd’hui et ne permettra qu’encore moins demain de diriger la France, d’apporter des réponses aux problèmes du pays et de traiter les préoccupations des français! Il est temps que le PS reconnaisse son réel poids électoral pur et fasse avec, sans se compromettre avec des organisations qui ne partagent strictement rien de sa vision sociale-démocrate assumée. Et surtout qu’il en finisse avec la recette inventée par Mitterrand, qui consiste à faire monter le FN pour affaiblir la droite républicaine par le jeu des triangulaires. A jouer avec le feu, on se brule tôt ou tard!

Face à cette situation nuisible pour la France, issue directement des conditions électoralistes de construction de cette majorité, c’est à se demander si l’heure ne serait pas logiquement à la cohabitation?

Que le Président n’ait pas de majorité propre ne serait pas une première, ni un drame…

Mais la France, elle, a besoin d’une majorité! Cela devient une question de survie pour les français!

Dissolution?