Mort à la fête du travail!

Dans certains pays, comme la France, elle se confond avec la journée internationale des travailleurs, fête internationale instaurée à l’origine comme journée annuelle de grève pour revendiquer la journée de huit heures, qui est devenue au XXe siècle une journée de célébration des combats des travailleurs. Elle est célébrée le 1er mai dans de nombreux pays du monde et est l’occasion d’importantes manifestations du mouvement ouvrier et du syndicalisme.

On voit bien la désuétude de la chose! Résurgence symbolique et persistante des idéologies collectivistes qui ont pourtant ruiné tous les pays où elles ont eu le malheur de sévir. A ce titre, ce jour ne devrait pas être une fête, mais une journée de deuil, en mémoire des dizaines de millions de victimes des dogmes communistes, trotskistes, stalinistes, léninistes et j’en passe!

La populace qui a pourtant l’émoi facile pour tout et n’importe quoi, semble insensible à la misère et aux souffrances infligées par ces régimes criminels?! Gageons que pour tout ce troupeau, au mieux ignorant de l’histoire, au pire négationniste, ce jour n’est qu’un jour férié parmi tant d’autres qui permet une grasse matinée. En revanche, pour tous les crétins qui vont grossir les rangs des défilés syndicaux, il n’y a pas d’excuse! C’est un fait qu’ils célèbrent ce qu’il faudrait logiquement appeler un crime contre l’humanité!

Comme l’histoire n’intéresse visiblement personne, comment voulez-vous que des enseignements soient tirés!? C’est sans doute ce port collectif altier des œillères qui autorise la présence de plusieurs candidats d’extrême gauche au premier tour de l’élection présidentielle.
Mais revenons à aujourd’hui. Personne n’est gêné de regarder les nantis de la fonction publique et du syndicalisme a la française fêter ce travail qui manque cruellement à tant de nos concitoyens. D’autant que ce syndicalisme borné a été et est l’acteur de nombreuses fermetures d’entreprises ou de plans sociaux catastrophiques!

Il n’y a pas si longtemps que ça, la retraite à 60 ans et les 35 heures ont aussi largement contribué à tuer l’emploi en France. Réformes portées par un socialisme amateur par pur calcul électoraliste, et par les syndicats, en sempiternel combat de classes! Comme si notre économie avait besoin de ce cirque d’un autre âge! Les conséquences dramatiques qui en découlent sont pourtant connues de tous… Chaque mois, le niveau de chômage en France bat le sinistre record établi le mois précédent! Selon les experts, les vrais, la chose n’est pas prêté de s’arrêter… Pour l’instant l’actualité leur donne raison.

Alors dans ce contexte, n’est il pas inconvenant et déplacé de glorifier l’échec patenté d’un courant de pensée politique en fêtant un travail devenu si inaccessible pour les français?

Cette année encore, il y aura plus de cloches dans les rues que sur les brins de muguet!


  

11 Septembre…

Il y a treize ans, comme beaucoup à travers le monde, j’étais devant la télévision, tétanisée par les images d’horreur qui passaient en boucle. J’essayais aussi de joindre sans succès des amis dont je savais qu’ils travaillaient au World Trade Center. C’est plusieurs jours plus tard, que trois d’entre eux sont passés officiellement du statut de « disparu » à celui de victime. Même si je ne me berçais pas d’illusion, il y avait en moi, comme en tout être humain civilisé, de l’espoir… Je n’oublierai jamais ces cérémonies funéraires sans corps. Lire les noms de mes amis gravés dans la pierre du mémorial est toujours aussi nécessaire que douloureux, et il ne se passe pas un seul de mes nombreux voyages dans la grosse pomme sans ce pèlerinage.

Que reste-t-il de ce jour tragique qui a changé les Etats-Unis et le monde entier pour toujours?

Certes, les EU ont mené une longue et légitime traque des auteurs identifiés et les ont pour la plupart éliminés. Mais tout cela me laisse un indicible goût d’inachevé. L’islamisme continue de se répandre partout comme une gangrène. Le spectacle des abominations perpétrées dans le monde par ces groupes de fanatiques décérébrés en est la sinistre illustration quotidienne. A tel point que la question n’est pas de savoir si Paris ou d’autres capitales du monde occidental seront frappées comme New York en 2001, mais quand!

Pour ma part, je me moque des prisonniers de Guantánamo, car il ne pèsent rien face aux victimes innocentes de l’islamo-mafio-terrorisme! Je me moque aussi des méthodes de renseignement utilisées, car il n’y a qu’un crétin pour s’imposer des limites face à ceux qui ne respectent rien ni personne!

Je n’ai jamais cédé à la terreur, et tous les attentats du monde n’y changeront rien, je ne céderai jamais à la terreur!

A tous les demeurés, pétris de boboïtude crasse, qui se réjouissent, font de l’humour ou de l’antiaméricanisme primaire sur le hashtag #11septembre, je dis simplement que le jour malheureux où ils seront à leur tour des victimes est sans doute plus proche qu’ils ne l’imaginent. Aveugles et lobotomisés qu’ils sont!

A nos dirigeants français, je demande que la France cesse de financer le terrorisme par le paiement des rançons car cela n’est ni plus ni moins que de la complicité!

Aux dirigeants du monde, je demande une union et une détermination sans faille pour mener enfin une lutte résolue, efficace et définitive contre le cancer des fous d’Allah! Cela coûtera et prendra le temps qu’il faudra, mais c’est une nécessité car le monde est en guerre!

Plus réaliste et déterminée que jamais en ce jour de treizième anniversaire…

A Sharon, Paul et Sean.

A toutes les victimes.

Aux héros.

A leurs familles.

A leurs amis.

Aux survivants.

A la Liberté, qui impose des devoirs avant d’en jouir.

 

We will never forget!

Touche pas à ma Marseillaise!

Dimanche dernier, comme beaucoup, j’ai profité du doux soleil qui est venu nous réchauffer un peu. Invitée chez des amis, autour d’une grande table en extérieur, les odeurs de barbecue ont donné à cette journée un agréable avant-gout d’été un peu avant l’heure.

Voilà qu’arrive le temps du café. Je ne sais pourquoi, la discussion qui n’avait pas emprunté le chemin de la politique, comme ça peut arriver souvent, a pris une tournure étonnante. Je ne saurais dire comment le sujet de notre hymne national s’est invité en cette fin de repas, entre une part de tarte aux fruits et le traditionnel «petit noir».

Une majorité des convives, emmenée par la logorrhée d’un enseignant très remonté par une bonne consommation de vin rosé, semblait acquiescer que la Marseillaise est un chant guerrier et violent. Que certains de ses vers sont indignes, et que nous serions bien avisés d’en changer purement et simplement, ou pour le moins, de faire disparaitre les mots jugés odieux et nauséabonds! Interloquée par les propos tenus, mon sang n’a fait qu’un tour, et, bien seule au début, me voilà partie dans la défense de notre hymne, et dans une explication de texte, puisque visiblement, même un enseignant, n’a pas su en comprendre le sens. Cela est d’autant plus affligeant, que la Loi Fillon, visant à réformer l’éducation et adoptée en mars 2005, rend obligatoire l’apprentissage de La Marseillaise en maternelle et primaire, à l’instar de nombreux pays. Mais comment cet enseignant peut-il apprendre à de jeunes enfants un hymne qu’il haït profondément par une incompréhension, réelle ou simulée, de ses paroles? Combien de jeunes esprits trompés, inconsciemment ou volontairement?

Alors, pour tous ces incultes, ignares de leur propre histoire, dont aucun de mes fidèles lecteurs ne fait évidemment partie, il m’a semblé nécessaire de leur prodiguer une petite leçon pour qu’ils se couchent moins bêtes!

Oui! La Marseillaise est un chant guerrier, directement hérité des guerres révolutionnaires. C’est un hymne à la Liberté, au sacrifice, au pays, à la République. La France révolutionnaire lutte pour sa survie et combat les armées de la Première Coalition, soutenues par l’armée des émigrés voulant restaurer l’Ancien Régime. Dans la nuit du 25 au 26 avril 1792, Rouget de Lisle, capitaine du Génie en poste à Strasbourg, compose le « Chant de guerre pour l’armée du Rhin », pour encourager les troupes. Alors que les fédérés marseillais, qui l’ont adopté comme chant de marche, entrent triomphalement aux Tuileries le 30 juillet 1792 en le chantant, la foule parisienne, séduite, s’en empare et le rebaptise spontanément en «La Marseillaise».

Aujourd’hui, certains, déployant un tragi-comique émoi larmoyant, critiquent vertement les paroles de la Marseillaise, et notamment le vers Qu’un sang impur abreuve nos sillons. L’idée, développée selon eux, est que la référence au sang impur pour désigner le sang de l’ennemi venu de l’étranger, a une connotation sauvage et raciste insupportable.

Il ne s’agit ni plus ni moins que d’une imposture! Une manipulation idéologique! Une tromperie!

En réalité, le fameux sang impur, désigne le sang du peuple de France. En opposition au sang pur ou bleu de la noblesse, venue en renfort de l’étranger, contre laquelle il se bat pour sauver la Révolution et la France. Rien donc de raciste ou de sauvage! Les vaillants révolutionnaires, paysans pour la plupart, se donnaient du baume au cœur, dans un chant qui exhorte au sacrifice de soi, pour défendre leur terre et leur liberté sur des champs de batailles labourés ou creusés de tranchées, les sillons. C’est bien le sang des révolutionnaires qui abreuve la terre de France, dans un sacrifice ultime, qu’il me semble totalement inconvenant de de dévoyer!

Même Victor Hugo, le confirme indirectement dans son célèbre roman Les Misérables, quand le personnage Gavroche interprète «En avant les hommes! Qu’un sang impur inonde les sillons! Je donne mes jours pour la patrie, je ne reverrai plus ma concubine… Mais c’est égal, vive la joie! … J’en ai assez du despotisme».

Mais peu importe à nos nouveaux philosophes des «forces de progrès», et aux «chances pour la France»… Véhiculer sciemment une contre vérité donne de l’eau à leur moulin, alimente le fonds de commerce de leur idéologie! Déjà, Jaurès, publiait en 1903 dans La Petite République Socialiste, une charge contre le sang impur de la Marseillaise, lui préférant les paroles de l’Internationale, dont il faisait une promotion immodérée! Et pour nourrir la désinformation, toutes les références au sang impur, maniées par les orateurs lors de la Convention Nationale sont exhumées, comparant sans scrupule, dans un amalgame douteux, la parole politique et ses excès avec la pureté du sacrifice ultime de notre hymne!

Les jeunes footeux, tôt sortis du monde scolaire pour taper le cuir, sont instrumentalisés et font honneur à leur QI de poule en refusant de chanter l’Hymne National. Des intellectuels autoproclamés proposent régulièrement de modifier la Marseillaise, autant dire sans détour qu’ils proposent simplement de réécrire l’histoire!!! Le monde des arts et de la culture fait régulièrement une sortie sur le sujet, comme le petit comique qui ne sort jamais la main de sa poche, et son mépris affiché pour la France. Les instituteurs et les profs dédaignent la Loi et n’enseignent pas ce qu’ils jugent barbare au nom du dogme soixante-huitard qui a bercé leur jeunesse, ou qui enchante le rêve des plus jeunes! Même Boutin, en perpétuel mal d’audience, s’y est mise en 2007 au prétexte de rendre le chant «moins sanguinaire et moins révolutionnaire»!? Elle est un peu l’OVNI de cet aréopage de négationnistes mondains et militants. Rappelons-nous que récemment, elle prenait pour argent comptant, les propos du site parodique «Le Garofi»… Nous dirons donc qu’elle est bien «gentille», la Christine.

A part cette dernière, quel est leur point commun à tous? L’ignorance? Pour ma part, je penche plus pour un activisme acharné, drapé d’une asepsie totalitaire, qui œuvre sans relâche à détricoter les valeurs de la France. Ainsi, pour eux, avoir le sentiment patriotique, c’est être «facho»! Être fiers du drapeau, c’est être passéiste! Défendre la famille, c’est être «réac»! Être catholique, c’est être intégriste! L’instruction civique, c’est le la morale de bigot! Chanter la Marseillaise, c’est être sauvage et raciste!

C’est assez! Si je pardonne volontiers à l’inculte, le poison des perfides comploteurs me révulse. Face à cette gangrène idéologue, qui déconstruit sournoisement notre modèle sociétal, qui va faire entrer un déserteur au Panthéon, j’espère que nous serons nombreux le jour où il faudra défendre notre patrimoine historique et culturel! A nous montrer dignes et fiers de ceux qui ont sacrifié leurs vies en abreuvant la terre de France de leur sang impur! A honorer ce peuple de France, nos ancêtres de souche, qui ont bâti la République! Nos racines ont baigné dans ce sang impur des patriotes français pour notre liberté d’aujourd’hui!

Touche pas à ma Marseillaise!!!

Qui est ce Jean Zay qui entre au Panthéon ?

Mais qui était ce Jean Zay, promu par la grâce présidentielle, héros de la Nation ?

(Largement inspiré de l’œuvre de Maurice D., et adapté à la circonstance)

L’homme qui haïssait le drapeau français…

C’est un beau symbole du radical-socialisme des années 30, ministre de l’éducation nationale du Front populaire, s’engage en 1939, ex-ministre est nommé officier, fait la « drôle de guerre » : Aucun contact avec les Allemands, cinéma et beuveries entre des phases de recul, on se demande où sont les « missions périlleuses » qui sont maintenant attribuées à Jean Zay !

D’ailleurs, quand les Allemands sont sur le point de rattraper son unité en déroute, il quitte l’armée le 15 juin 1940, rejoint Bordeaux où il arrive le 19 juin et embarque le 21 avec Mendès-France et 25 autres courageux parlementaires sur le Massilia pour aller se réfugier à Casablanca. Ils sont logés dans un grand hôtel. Pierre Mendès-France et trois autres élus dont le colonel Alex Wiltzer et l’ex-officier Jean Zay sont arrêtés le 15 août pour désertion. Zay n’a donc pas quitté l’armée « avec l’accord de ses supérieurs » comme raconté maintenant dans sa biographie officielle après une décision de réhabilitation de la cour d’appel de Riom de 1945.

Le 24 août il est interné à la prison de Clermont-Ferrand. En octobre les déserteurs sont jugés, Pierre Mendès-France écope de 8 ans avec sursis et ressort libre du tribunal militaire. Alex Wiltzer bénéficie d’un non-lieu (son fils, Pierre-André, énarque très « coincé » a été secrétaire d’état d’Alexandre Poniatowski dans le gouvernement Giscard). Philippe Henriot, l’un des ex-collègues ministres socialistes du Front populaire qui a, comme presque tous les autres élus socialistes de l’époque, préféré intégrer dès le début le gouvernement de Vichy, demande la tête de Jean Zay qu’il haïssait : Zay est condamné à la déportation à vie et à la dégradation militaire.

Il est transféré à la prison militaire de Marseille, ses copains radicaux-socialistes du gouvernement de Vichy jouent de leur influence et Pétain commue sa déportation en peine de prison. Zay est transféré à la prison de Riom où il bénéficie d’un régime très clément : il reçoit sa femme et ses filles, il est autorisé à communiquer avec l’extérieur.

Quel lieu plus sûr qu’une prison dans les périodes troublées ? Il ne s’évade pas et ne cherche pas à profiter des opportunités d’évasion qu’offre le réseau de résistance Résistance Intérieure Française, il travaille à de grands projets de réformes de l’Education nationale qu’il espère pouvoir mettre en œuvre quand il sortira de prison à la Libération.

Le 20 juin 1944, sur ordre du chef de cabinet de Joseph Darnand du gouvernement de Vichy, il est sorti de la prison de Riom pour être transféré à Melun par trois miliciens qui l’assassinent dans un bois et dissimulent son corps dans une faille d’une carrière abandonnée. On ne retrouva le corps qu’en septembre 1946, il fut mis dans une fosse commune à Molles et ne fut identifié par son empreinte dentaire que fin 1947.

Pourtant, dès juillet 1945, la cour d’appel de Riom avait réhabilité à titre posthume le « disparu » Zay, ex-ministre radical-socialiste si bien noté par le directeur de la prison. Pourquoi cette précipitation ? Parce que les socialistes espéraient qu’il allait réapparaître et pouvoir l’intégrer dans le gouvernement ce qui aurait été difficile avec une peine de prison en cours pour désertion devant l’ennemi en temps de guerre.

C’est une bien triste fin, due à des conflits internes aux socialistes du gouvernement de Vichy, les uns voulant sa mort, les autres comptant sur lui pour l’après-libération. De là à le déclarer, comme vient de le faire Hollande, « grande figure qui évoque l’esprit de résistance » et à mettre au Panthéon un déserteur qui a refusé la Résistance et voulait se torcher avec le drapeau français !!!

Il est vrai que Hollande a dit « évoque l’esprit de résistance », pas « symbolise la Résistance » ou « rappelle la Résistance », c’est donc très juste, car le premier sens de « évoquer » selon le Robert est « faire apparaître par la magie, ex. évoquer l’esprit des morts » et il y a beaucoup de magie dans cette évocation de l’esprit d’une résistance dont Zay s’est soigneusement tenu à l’écart, préférant après sa désertion vivoter confortablement dans sa prison pendant que d’autres résistaient pour de bon aux troupes nazies.

Qu’il repose donc en paix au Panthéon, on n’en aurait rien à foutre, si ce n’était qu’il y a violation du symbole de grandeur qu’est le Panthéon.

Le « poème » qui suit a été écrit en 1924, par Jean Zay, que François Hollande va faire entrer au Panthéon.

Ils sont quinze cent mille qui sont morts pour cette saloperie-là.

Quinze cent mille dans mon pays,

Quinze millions dans tous les pays.

Quinze cent mille morts, mon Dieu !

Quinze cent mille hommes morts pour cette saloperie tricolore

Quinze cent mille dont chacun avait une mère, une maîtresse,

Des enfants, une maison, une vie un espoir, un cœur…

Qu’est-ce que c’est que cette loque pour laquelle ils sont morts ?

Quinze cent mille morts, mon Dieu !

Quinze cent mille morts pour cette saloperie.

Quinze cent mille éventrés, déchiquetés,

Anéantis dans le fumier d’un champ de bataille,

Quinze cent mille qui n’entendront plus JAMAIS,

Que leurs amours ne reverront plus JAMAIS.

Quinze cent mille pourris dans quelques cimetières

Sans planches et sans prières…

Est-ce que vous ne voyez pas comme ils étaient beaux, résolus, heureux

De vivre, comme leurs regards brillaient, comme leurs femmes les aimaient ?

Ils ne sont plus que des pourritures…

Pour cette immonde petite guenille !

Terrible morceau de drap coulé à ta hampe, je te hais férocement,

Oui, je te hais dans l’âme,

Je te hais pour toutes les misères que tu représentes

Je te hais au nom des squelettes…

Ils étaient Quinze cent mille

Je te hais pour tous ceux qui te saluent,

Je te hais a cause des peigne-culs, des couillons, des putains,

Qui traînent dans la boue leur chapeau devant ton ombre,

Je hais en toi toute la vieille oppression séculaire, le dieu bestial,

Le défi aux hommes que nous ne savons pas être.

Je hais tes sales couleurs, le rouge de leur sang, le sang bleu que tu voles au ciel,

Le blanc livide de tes remords.

Laisse-moi, ignoble symbole, pleurer tout seul, pleurer à grand coup

Les quinze cent mille jeunes hommes qui sont morts.

Et n’oublie pas, malgré tes généraux, ton fer doré et tes victoires,

Que tu es pour moi de la race vile des torche-culs.

 Jean Zay – Le Drapeau (1924)